Cher papa,

Il y a plus d’un mois de ton absence et, finalement, je t’écris. Récemment, après avoir lu le texte d’une bonne amie,j’ai compris que la meilleure manière de dire que tu me manques c’est par une lettre, même si je ne te la donnerai jamais.

 

Dans ma mémoire, je garde des souvenirs vifs père. Tu te rappelles de quand tu t’es aventuré à apprendre à faire des soufflés? Après, tu as essayé de les refaire chez nous et, passé quelques minutes, aucun effet gonflant. Je ne me souviens pas de la saveur du soufflé et ni si nous l’avons gouté, mais je n’oublierais jamais ma déception avec tes résultats en cuisine.

 

Au moment de faire des pizzas, c’était toute une histoire. Un samedi sur deux, tu passais l’après-midi mélangeant farine, sel, huile, levain, eau et sucre à la main, sans compter les jours où tu achetais la pâte déjà prête, évidemment.

 

On s’amusait en choisissant leurs garnitures avant de les mettre au four. Ce qui m’énervais c’était les insectes qui se choquaient contre la lampe et tombaient presque sur nos têtes, mais tu me protégeais.

 

Tu me protégeais de tout, en fait. Je comptais toujours sur toi quand j’avais peur et comme j’avais peur! J’ai grandi et j’ai continué à t’ appeler pour me sauver des insectes, mais c’est tout. Je suis devenue trop fière pour demander de l’aide, surtout la tienne, mais je suis toujours aussi peureuse (ne le dit à personne).

 

Tu me répétais que mon enfance te manquais. Je prétendais ne me souvenir de rien, mais on ne se lâchait pas une minute. À cette époque, j’inventais n’importe quelle excuse pour que tu me prennes sur tes épaules et tu ne le niais jamais. D’ailleurs, difficilement tu me disais « non ». Quelle chance d’être gâté par toi.

 

Quelle chance fût la mienne, père. De faire du cheval avec toi, de courir vers toi au petit matin, de chanter en écoutant l’album « Division Bell » dans ta voiture, de se droguer à « Prison Break » ensemble et de partager des silences innombrables. Longtemps, ces silences me dérangeaient parce qu’ils dénonçaient notre distance.

 

Aujourd’hui, aucun silence, ni même l’éternel est une raison pour discréditer notre lien. Je ne le disais jamais, mais quand je regarde en arrière, je remarque des indices de l’envie d’être une enfant et de me nicher dans tes bras. Si je pouvais te voir à nouveau, j’oublierais mon orgueil et je demanderais à le faire encore. Une fois de plus.

 

Jusqu’à la fin des temps.

 

Gros bisous,

 

Lara

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